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Participation au concours d’architecture

Maison des Femmes pour promouvoir l’égalité des genres en Afrique.

Le concours est proposé par l'association BALOUO SALO.

L'objet du concours : la conception d'une Maison des Femmes pour promouvoir l'égalité hommes-femmes en tant que facteur clé du développement rural.

Le projet est destiné à accueillir des activités de formation, de sensibilisation et d'échanges.

Lieu : Baghere, au Sénégal, dans la région de la Casamance.

Année : 2021

Programme :

  • 1 espace pour la gestion et l'administration du lieu

  • 1 salle de réunion pouvant accueillir 15 personnes maximum

  • 1 espace flexible pour les activités collectives : formations, ateliers, expositions

Caractéristiques architecturales :

  • Superficie maximale couverte de 200 m², dédiée aux activités.

  • Rez-de-chaussée uniquement.

  • Espaces flexibles et adaptables.

  • Privilégier l'utilisation de matériaux naturels disponibles localement, ainsi que de matériaux de récupération et de recyclage.

  • Promouvoir des techniques de construction durables et écologiques.

  • Facilement réalisable en auto-construction.

  • Favoriser les solutions permettant la réutilisation des ressources naturelles.

CONCEPT

L'élément central de notre proposition est la relation entre la nature et la spiritualité du peuple casamançais. L'arbre y est une expression de la nature chargée d'une connotation magique. La société casamançaise repose sur un système collectif. Le bois sacré est un pilier de la tradition casamançaise : les habitants croient que les esprits des ancêtres habitent les arbres et leur fournissent des conseils, de la protection et de l’aide pour maintenir leur culture vivante.

Chaque village possède plusieurs lieux spirituels abritant un arbre à palabres. Ces arbres sont des espaces de rassemblement communautaire où l'on discute d'événements, raconte des histoires, résout des problèmes et prend des décisions importantes. Tous les âges y sont les bienvenus, et ces rassemblements font partie intégrante du mode de vie local.

Le projet s'intitule LA MAISON DE LA PALABRE, en référence à l'arbre à palabres. L'objectif est de créer un espace physique où la voix des femmes peut s'exprimer librement,pour débattre, apprendre, échanger, créer et exprimer leurs besoins et leurs aspirations. La Maison de la Palabre serait un lieu de rencontre entre les femmes, les institutions gouvernementales, les associations humanitaires, les entrepreneurs et toute organisation souhaitant promouvoir et améliorer la place des femmes et l'égalité des sexes au sein de la communauté.

L'élévation des voix des femmes se reflète dans l'élévation physique de la construction elle-même. Implantée en façade sur l'axe routier principal, elle est visible depuis tous les points du village.

Un jeu de cercles donne forme et unité au projet. Sous une toiture en spirale, la Maison de la Palabre s'articule autour d'un espace central. Tel un jardin intérieur accueillant un arbre, cet espace public apporte une force symbolique à l'ensemble.

Le recours à deux volumes de tailles différentes confère une grande flexibilité aux activités qui s'y dérouleront.

L'accès au niveau principal se fait par deux rampes qui relient les différents points d'entrée du terrain. Cette surélévation protège le bâtiment de l'humidité du sol et garantit un accès aisé pour tous. Les rampes créent ainsi une transition entre le paysage et le projet.

Le volume le plus petit, d'environ 50 m², accueillera l'espace de gestion et d'administration ainsi qu'une salle de réunion. Le second volume, d'environ 150 m², sera dédié aux activités collectives. Cet espace est modulable grâce à des panneaux rabattables permettant d'organiser un grand événement ou plusieurs activités simultanées. Les parois périphériques de cet espace sont également constituées de panneaux rabattables, ouvrant ainsi le volume sur le jardin intérieur.

MATÉRIAUX

 

En tant que projet d'auto-construction, nous utiliserons des matériaux recyclés disponibles in-situ ainsi que des matériaux naturels évoquant l'artisanat traditionnel.

Fondations : pneus recyclés remplis de terre de latérite comprimée et de pierres de latérite concassées. Renforts métalliques pour l'ancrage des murs.

Murs : bouteilles recyclées remplies de déchets plastiques, recouvertes d'un enduit composé d'argile latéritique, de sable et de fibres végétales. Ce système assure une régulation thermique et phonique efficace. Parois en briques ajourées sur soubassement de briques de terre crue. Les panneaux rabattables sont réalisés en palissandre pour la structure, avec un remplissage en tressage de palmier ou en wax africain.

Colonnes : en bambou local, liées par des cordes de palmier. Les bases de colonnes sont en béton pour assurer la transmission des charges vers la fondation.

Poutres : En béton armé de bambou, assurant le chaînage de la maçonnerie et le soutien de la toiture.

Toiture : Structure en bambou. Couverture en chaume local.

CONSTRUCTION

L'un des objectifs du projet est d'impliquer la communauté dans le processus de construction.

  • La construction débute par la collecte des déchets : pneus, bouteilles en plastique et emballages plastiques.

  • Fabrication de briques par bourrage de déchets plastiques non recyclables à l'intérieur de bouteilles en plastique.

  • Préparation du sol et creusement des fondations. Pose de deux rangées de pneus remplis d'un mélange de terre latéritique et de pierre concassée. Mise en place de renforts métalliques pour l'ancrage des piliers et des murs.

  • Réalisation d'une dalle de sol en terre stabilisée.

  • Construction de la maçonnerie en briques-bouteilles, empilées et recouvertes d'un enduit composé d'argile latéritique issue du creusement des fondations, de sable et de fibres végétales.

  • Assemblage de la maçonnerie en briques ajourées et de la maçonnerie en appareil en boutisse.

  • Fabrication des poutres cintrées en bambou servant de support à la toiture.

  • Construction de la structure de toiture en bambou et pose de la couverture en chaume.

  • Réalisation des cadres de panneaux rabattables en bois local. Deux types de panneaux : ceux fermant les espaces ouverts au public, en rotin tressé par les femmes du village, et les panneaux de séparation de la salle polyvalente, en tissu wax, textile traditionnel africain.

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